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En vidéo : les producteurs de lait déclarent la guerre aux prix bas

Les éleveurs laitiers de la Haute-Loire, du Cantal et du Puy-de-Dôme se sont réunis, mercredi 2 novembre, à Issoire (63) dans une grande surface, afin de contester les prix d’achat du lait. Cette opération vise à dénoncer, auprès du grand public, les écarts entre le prix d'achat au producteur et le prix de vente au consommateur.

09 novembre 2011 Mélodie BRUT et Helena Cauvet Vu 1459 fois
"Stickage" des produits laitiers par les éleveurs

"Stickage" des produits laitiers par les éleveurs - © Agri 43

 
 
Les représentants syndicaux et les éleveurs ont estampillé les produits laitiers de la grande surface et relevé les prix de vente.

Les représentants syndicaux et les éleveurs ont estampillé les produits laitiers de la grande surface et relevé les prix de vente. - © HLP

Mercredi 2 novembre, les éleveurs laitiers auvergnats disent stop ! Devant, et à l’intérieur des locaux d’une grande enseigne de la ville d’Issoire, ils « stickent » leur mécontentement. Avec cette opération, ils dénoncent au grand public les écarts entre le prix d’achat aux producteurs et le prix de vente aux consommateurs. Deux entreprises agroalimentaires de la région sont particulièrement visées. Ces dernières ne respectent plus la recommandation de prix, basée sur les cours européens. Alors que ceux-ci sont à la hausse et se portent bien, les éleveurs en contrat avec le Glac et Dischamp subissent une politique des prix encore peu rémunératrice.

Opération dénonciation

Ils sont une trentaine d’éleveurs laitiers de la région Auvergne à s’être rassemblés sur le parking de la grande surface, ils attendent le coup d’envoi de l’opération de communication. Les producteurs tiennent à dénoncer le non respect des accords interprofessionnels par deux laiteries. En région Auvergne, le CRIEL estime que le prix moyen payé aux producteurs laitiers sur l’année doit être de 322 € /1 000 litres. Les laiteries, le Glac et Dischamp sont en dessous, leurs prix s’échelonnent entre 315 € et 317 € / 1000 litres, soit une perte d’environ 2100 € par an. Pour Pascal Servier, président de la FDPL(1) Puy-de-Dôme, «il ne faut pas laisser cette situation perdurer. C’est une boîte de Pandore qui est en train de s’ouvrir. Il faut agir ensemble pour la refermer et éviter la propagation aux autres entreprises laitières. »

Branle-bas de combat !

Pour exprimer leur colère, les éleveurs sont munis d’étiquettes jaunes et oranges portant les inscriptions : «des prix justes et équitables». Elles représentent pour les producteurs un énième coup de poing sur la table. Yannick Fialip, président de la section régionale laitière, Pascal Servier et Chantal Cor, présidente de la FDPL Cantal, guident et portent la voix des producteurs. Les bouteilles de lait, le beurre et le fromage vendus par le Glac et Dischamp sont estampillés «produit non équitable pour les éleveurs laitiers».

«Nous vendons notre lait entier de montagne 0.33 € le litre au GLAC. Dans les rayons, il est à 1.05 €. Quand on demande aux laiteries de respecter la recommandation de prix, elles nous répondent qu’il leur est impossible de vendre plus cher aux GMS. A qui cela profite ?» exhorte Yannick Fialip. Une question qu’il compte bien poser au directeur du magasin. Ce dernier vient d’ailleurs à leur rencontre, et, après plusieurs minutes de discussion, promet de transmettre à la section régionale, les factures d’achat de lait et de fromages aux deux laiteries.

Une guerre persistante

Les éleveurs laitiers bataillent depuis 2009, date à laquelle un nouvel accord interprofessionnel a été signé. Il prévoit une publication d’indicateurs nationaux, s’appuyant sur

l’évolution du marché intérieur, des marchés industriels et des prix payés en Allemagne (pour aider à la compétitivité). Cet accord permet à chaque interprofession laitière régionale de déterminer une recommandation sur le prix payé aux producteurs.

Malgré plusieurs contestations, des entreprises laitières semblent rester indifférentes. «C’est le cas de Glac et Dischamp qui font supporter les difficultés de trésorerie aux éleveurs. Quand nous leur demandons d’augmenter le prix d’achat, ils nous répondent qu’ils ne peuvent pas vendre plus chers aux GMS. Nous ne comprenons pas cette situation ! Les cours des marchés sont en hausse, ce qui devrait avoir un impact sur notre prix mais ce n’est pas le cas. Pourtant, pour les consommateurs le prix continue d’augmenter ! En 2009, nous avons fait des efforts pendant la crise. Aujourd’hui, c’est à eux d’en faire !» explique Yannick Fialip.

A l’heure du bilan de la manifestation, les éleveurs espèrent avoir été entendus. «Si rien ne bouge, nous recommencerons ! Nous nous ferons entendre » s’exprime Chantal Cor.

Les éleveurs laitiers espèrent néanmoins qu’un accord avec les deux laiteries sera trouvé rapidement.


(1) Fédération départementale des producteurs de lait.

 

 

 
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