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Pousser la contractualisation jusqu’au bout…, jusqu’aux GMS

«Contractualisation, enjeux et avenir pour les agriculteurs de Haute- Loire», était le thème de la table ronde proposée dans le cadre du congrès.

18 mars 2011 V.Gruber Vu 1089 fois
Une table ronde riche en échanges autour de la contractualisation.

Une table ronde riche en échanges autour de la contractualisation. - © HLP

La contractualisation qui se met progressivement en ordre de marche dans toutes les productions agricoles était le thème central d’une table ronde à laquelle participaient de nombreux responsables professionnels : Gilbert Guignand, président de la FDSEA, Xavier Beulin, président de la FNSEA, Philippe Lamat, président de la section bovine FDSEA, Laurent Duplomb, secrétaire général de la Chambre d’Agriculture et administreur Sodiaal, Emmanuel Coste, vice-président de la FNO et président d’interbev ovin et Gérard Roche, président du Conseil Général.
A la toute première question posée par Hervé Morainville, directeur de la FDSEA qui animait cette table ronde, la contractualisation représente-t-elle une opportunité ou des contraintes pour les agriculteurs ?», Xavier Beulin a souligné l’absence, au niveau de la PAC, d’un certain nombre d’outils de gestion de marché. «Le but de la contractualisation est de faire en sorte que les agriculteurs aient un rapport plus équilibré avec leur aval. Aujourd’hui, on redécouvre que c’est à travers la valorisation de nos productions et une relation équitable avec les différents acteurs de la filière que l’avenir passera. Redevenir acteur d’une filière est essentiel. Or, la contractualisation est un outil qui nous permettra de redevenir ces acteurs».

La contractualisation chez Sodiaal
La mise en place de la contractualisation par les coopératives en production laitière fut illustrée par Laurent Duplomb. «Pour répondre à la suppression des moyens européens de gestion des crises et de régulation du marché, pour pallier à la disparition des quotas, Sodiaal se dit : nous avons deux marchés, celui de grande consommation et celui des produits industriels (beurre-poudre). Il faut arriver à séparer ces deux types de produits… Pour la campagne laitière 2011-2012, nous allons initié la contractualisation à la mode «Sodiaal» à partir de 2 volumes A et B. Nous garantissons que 90% du volume total du producteur seront payés en volume A avec une possibilité de produire jusqu’à 96% du quotas dans ce même volume».
Laurent Duplomb a tenu à souligné le «travail colossal» induit par l’instauration de la contractualisation derrière laquelle il trouve une «vraie logique de pérennité».
Pour Gérard Roche, «la contractualisation est la seule issue pour remplacer les quotas. C’est une garantie d’écoulement du lait. Elle est essentielle pour l’avenir de la production laitière en Haute-Loire».
Philippe Lamat a fait le point sur l’organisation de la contractualisation dans la filière bovine. Il a signalé le manque d’organisation dont souffre la filière, ce qui retarde la mise en oeuvre de la contractualisation. La FNB travaille cependant sur un contrat jeune bovin mâle qui doit s’accompagner d’une sécurisation de la marge des producteurs. «Il faut que l’on profite de la contractualisation pour s’organiser. Nous devons organiser l’offre pour peser sur le marché. La contractualisation est un atout pour le développement de nos productions» a affirmé Philippe Lamat.

Contractualiser jusqu’au GMS
En ovin, une production bien avancée en terme de contractualisation, Emmanuel Coste juge la contractualisation actuelle insuffisante : «Nous devons aller jusqu’aux supermarchés. Nous allons essayé de faire comprendre à l’aval qu’ils ont besoin de nous, producteurs ; nous devons nous battre pour que nos prix augmentent».
Xavier Beulin a confirmé la volonté de la FNSEA à pousser la contractualisation jusqu’aux GMS, avec l’objectif de retrouver une relation commerciale équilibrée et équitable.
A la question la contractualisation pourrait-elle faire remonter les prix des produits agricoles ?
Les responsables professionnels ont répondu positivement. Xavier Beulin pense qu’une remontée des prix est possible «à condition que l’on sache s’organiser pour que l’outil contractuel devienne un outil de négociation». Il a également souligné la nécessité de faire grossir les OP (Organisations de producteurs) pour  que les agriculteurs disposent de vrais interlocuteurs. Xavier Beulin met tout de même en garde sur d’éventuelles constitutions d’associations d’OP qu’il assimile à des «ventres mous».
La contractualisation accompagnée de l’observatoire des prix et des marges, de la commission d’évaluation des pratiques commerciales, de l’Interprofession et des OP, permettra de remplacer les outils communautaires dont nous bénéficions jusqu’à présent.
Le président de la section porcine de la FDSEA, Maurice Imbert, a fait part de son souhait d’aller encore plus loin dans la contractualisation jusqu’aux abatteurs et à la grande distribution avec des engagements de leur part sur un prix et une identification d’origine. Même si la production porcine est l’une des mieux organisées de l’avis de Xavier Beulin, «elle pâti de l’absence de leader de filière en France ; le deuxième problème concerne les salaisonneries et la RHF (Restauration Hors Foyer) qui forment de grandes nébuleuses».
Et d’ajouter : «Nous avons la volonté dans cette production et les autres, d’arriver à faire prendre en compte, par les industriels et les GMS, une indexation du cours des matières premières dans le prix des produits finis. Si cela ne se fait pas par la voie de la proposition, il faudra peut être le faire par la voie réglementaire».

 

 

 
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