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Montagne

Échanges de bonnes pratiques pour dynamiser les zones de montagne

30 novembre 2011 Véronique GRUBER Vu 574 fois


Le 29 novembre se tenait au Puy-en-Velay un séminaire d’échanges entre 5 pays européens sur le thème de l’attractivité des zones de montagne. Ce séminaire était organisé par l’UCCIMAC (Union des Chambres de Commerce et d’Industrie du Massif-Central) et l’association européenne Euromontana dans le cadre du projet PADIMA.

André Malel, André Marcon, Ancuta Pasac, Jean-Michel Guerre et Jacques-Henry Pointeau.

André Malel, André Marcon, Ancuta Pasac, Jean-Michel Guerre et Jacques-Henry Pointeau. - © HLP

Le 29 novembre, s’ouvrait à l’Hôtel-Dieu au Puy-en-velay, un séminaire organisé par l’UCCIMAC (Union des Chambres de Commerce et d’Industrie du Massif-Central) et l’association européenne Euromontana dans le cadre du projet PADIMA.
PADIMA est un projet d’échange de bonnes pratiques ayant pour but de lutter contre la dépopulation et d’accroître l’attractivité des zones de montagne. Ce projet qui a démarré en janvier 2010 et prendra fin en décembre 2012, rassemble 8 partenaires émanant de 5 pays européens (France, Italie, Espagne, Norvège, Suède). Ces différents partenaires ont décidé de concentrer leurs travaux sur trois thématiques qu’ils jugent prioritaires : l’éducation et la formation, le marketing territorial et la diversification économique. C’est dans le cadre de cette troisième thématique que le séminaire des 29 et 30 novembre dernier était organisé.
«Comment diversifier l’économie en zones de montagne ?» telle fut la question à laquelle 8 régions de montagne* ont tenté d’apporter des réponses concrètes.
Durant ces deux journées, les participants ont pu approfondir les échanges de vues sur la façon d’améliorer l’attractivité des régions de montagne. 29 bonnes pratiques mises en oeuvre dans certaines régions ont été présentées. Sur ces 29 initiatives, les partenaires en ont sélectionné 7 sur lesquelles le travail a été axé :  «les femmes innovantes» en Norvège, «l’appui financier aux projets d’entreprises» en Espagne, «point visio public en Auvergne», «l’agri-école pour l’enfance»  en Italie…

Pour des politiques efficaces contre la dépopulation
A l’issue de ces échanges, l’objet du séminaire est de promouvoir l’adoption de politiques efficaces contre la dépopulation.
Lors d’une conférence de presse, André Marcon, président d’Euromontana et de l’UCCIMAC, a évoqué le rôle fondamental des membres d’Euromontana : «Nos partenaires font du lobbying pour sauvegarder certains territoires menacés. A l’heure actuelle, on tente ainsi de réserver une enveloppe spécifique pour les zones de montagne dans le cadre de la politique de cohésion 2014-2020 dont la commission européenne a publié le 6 octobre dernier la proposition du paquet législatif».

L’Auvergne, un territoire de montagne
André Marcon a livré la définition de la montagne qui se détermine en fonction de 3 critères : l’altitude, la pente et le climat. «Sur ces trois critères-là, on peut dire que l’ensemble de l’Auvergne est un territoire de montagne ainsi que la majeure partie du Massif-Central» affirme-t-il.
A l’exception des territoires situés au delà de 800m d’altitude, la démographie ne décline plus dans ces espaces.

La montagne attire
«On constate que la population remonte des départements du Sud vers l’Auvergne, principalement vers la Haute-Loire et le Cantal. Notre région accueille 3000 personnes de plus par an» selon Jean-Michel Guerre, vice-président de la Région Auvergne. Or, il ne s’agit pas que de retraités puisque ces populations sont à 56% des actifs et parmi eux 4 sur 10 viennent habiter dans des territoires ruraux.
Toutefois, pour arriver à attirer de nouvelles populations, il y a quelques conditions : se trouver à promiximité des axes de communication et bénéficier du réseau fibre optique a expliqué Jacques-Henry Pointeau, directeur général de l’UCCIMAC.
Les territoires de montagne sont devenus attractifs pour une population à la recherche d’une meilleure qualité de vie, d’une sérénité, d’un pouvoir d’achat et de la sécurité.  Nos régions sont toutefois confrontées à un problème à résoudre, celui du travail des deux conjoints» soulève André Malet, président de Macéo.
Et d’ajouter : «la montagne est un terrain favorable à l’innovation, c’est un lieu qui permet la réflexion. Et dans une région comme la nôtre (Massif-Central) on doit par exemple s’interroger sur les possibilités de retenir une partie de l’eau qui tombe en quantité sur nos montagnes ; une eau qui serait bien utile en période de sécheresse. Il en est de même pour le bois et la pierre».

Les produits de qualité ont de l’avenir
Quant à l’agriculture qui fait partie intégrante de nos zones de montagne, André Marcon accuse «la libre concurrence entre pays qui a conduit à privilégier une agriculture intensive qui n’arrange pas l’agriculture de montagne. Or l’exploitation agricole de montagne est une véritable richesse de notre pays. De notre côté, nous considérons que la libre concurrence doit s’organiser à travers les hommes et les activités en présence sur le territoire».
Jean-Michel Guerre est quant à lui persuadé que l’avenir est du côté des produits de qualité et du haut de gamme.

*Province de Teruel en Espagne, Province de Turin en Italie, Conseil du comté de Buskerud en Norvège,  Conseil du comté de Hedmark en Norvège, Conseil de développement régional de Dalarna en Suède, l’ERSAF en Italie, Euromontana et UCCIMAC.
 

La "montagne" selon Euromontana

Nos montagnes sont des espaces d’avenir et une chance pour l’Europe. les montagnes sont des espaces originaux en Europe, par leurs altitudes, leurs pentes, leurs densités démographiques, leurs défis, leurs promesses et à ce titre, elles doivent être traitées spécifiquement.

De nombreux atouts
- La qualité de vie des populations montagnardes 
- L’image positive de la montagne
- Des ressources rares, préservées et renouvelables (air, forêt, eau)
- Des activités de production de biens et services : tourisme, artisanat, agriculture, industrie
- Des facteurs de production efficaces : capital humain, capital en ressources naturelles, regroupement d’entreprises (clusters…)
- Des conditions de production durables : respect de l’environnement, biodiversité préservée, entretien systématique des paysages, gestion innovante des ressources naturelles ;
- Une gouvernance souvent dynamique et moderne

Des handicaps à surmonter
Les montagnards doivent cependant faire face également à des contraintes spécifiques et importantes :
- Des problèmes d’isolement, d’accessibilité ; le manque de services ; le manque de connaissances, de compétences ; les relations parfois difficiles entre résidents et non résidents, des infrastructures qui parfois restent à développer ;
- Des problèmes de compétition entre le maintien des activités économiques et la préservation de l’environnement ;
- La faible densité des entreprises, la petite taille des entreprises et leur transmission incertaine à la future génération ;
- La faible densité de la population
- Les contraintes pédoclimatiques pour l’activité agricole ; les difficultés d’accès au foncier ;
- Une intégration insuffisante des spécificités montagne dans les politiques régionales, nationales et européennes.
Source : www.euromontana.org

 

 

 
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la phrase de la semaine

"Oui, on peut bouger les lignes, les choses peuvent changer. Le réseau règle les problématiques locales ; il est efficace quand tout le monde est représenté, quand chacun exerce son rôle à son niveau. C’est pour ça que les agriculteurs nous font confiance"

Dominique BARRAU, secrétaire général de la FNSEA

le chiffre de la semaine

301 C'est le nombre de dossiers déposés en 2011 en Auvergne dans le cadre du Plan bâtiment. La Haute-Loire et le Cantal consomment à eux deux près de 80 % des crédits (35 % pour la Haute-Loire.