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L'Auvergne a encore du potentiel dans le domaine de la diversification

La Chambre Régionale d'Agriculture a organisé dernièrement une journée à Langeac pour faire le point sur les produits fermiers et les circuits courts en Auvergne. Quatre enjeux, sur lesquels les Chambres d'Agriculture s'engagent, se dessinent : maîtriser la variable prix, s'assurer d'une offre suffisante, développer et adapter les circuits de distribution, et être présent dans l'univers de consommation.

28 octobre 2010 Sophie GIRAUD Vu 1021 fois
A Langeac, les chambres d’agriculture d’Auvergne ont discuté, mercredi dernier, des circuits courts et des produits fermiers.

A Langeac, les chambres d’agriculture d’Auvergne ont discuté, mercredi dernier, des circuits courts et des produits fermiers. - © HLP

Au pays des AOC fromagères et de l’élevage à l’herbe, la diversification occupe une place de choix. Les chiffres confirment cette tendance, puisqu’en 2009, 35% des personnes qui se sont installés en agriculture dans la région ont mis en place une diversification. C’est significatif notamment au regard des tendances nationales, plus proches des 24%. Dans leurs missions d’accompagnement, les chambres d’agriculture se soucient évidemment de tous ces agriculteurs et agricultrices dont le projet dépasse le seul acte de production.
La diversification peut en effet être de trois natures. Elle est liée à la culture ou à une production spécifique, à la transformation et la vente de produits ou aux métiers de l’accueil, à l’agrotourisme.

En quête de valeur ajoutée

Quel que soit le type d’activités choisies, les porteurs de projets partagent tous le même objectif, celui de conserver un maximum de valeur ajoutée sur leur exploitation. A la course effrénée aux terres, Henri et Marie Caron ont préféré la diversification, « quand les enfants sont devenus grands, et qu’ils nous ont demandé moins de temps mais plus d’argent, il nous a fallu trouver une solution ». Ce couple cantalien, producteurs de lait sur la Planèze, s’est ainsi lancé dans la transformation. Aujourd’hui, une partie de leur production sert à fabriquer des fromages blancs, faisselles, yaourts et autres fromages affinés, qu’ils commercialisent en vente directe. Une démarche essentielle, qui a enfin permis à Henri d’être reconnu en tant que producteur de lait.
C’est aussi pour palier à une problématique foncière que Sylvain Fille a opté pour la diversification, au moment de son installation avec ses beaux-parents en 2008. A Saint-Fargeol, dans l’Allier, le jeune homme a mis son expérience de boucher à profit, pour assurer la découpe de viande de génisses, porcs et volailles. « Sans la vente directe, il aurait été difficile de faire vivre trois personnes sur l’exploitation », confie Sylvain.

Vente : L’atout du producteur

En Haute-Loire, toujours dans un souci de valorisation, un groupe d’agriculteurs a créé en 2001, « Le Panier Paysan ». Un point de vente collectif, idéalement situé sur la zone commerciale de Monistrol-sur-Loire. La vente est assurée à tour de rôles, par les neuf agriculteurs associés, et l’augmentation de l’activité a impliqué le recrutement de deux salariés à mi-temps. En un peu moins de dix ans, le chiffre d’affaires a explosé, pour atteindre 500.000 euros en 2010.
Preuve que les consommateurs sont attirés par les produits fermiers, qui plus est, quand ce sont les producteurs en personne qui leur vendent.

Expertise

Produits fermiers et vente directe vont en effet de pair, comme l’explique Françoise Morizot-Braud, directrice du centre d’études et de ressources sur la diversification (CERD) : « la personne qui est en mesure de parler le plus justement d’un produit,  c’est cellei qui l’a fait ». C’est l’un des enseignements qui ressort de l’étude sur la consommation des produits fermiers qu’elle a conduite en 2009 sur le Massif central. Pour elle, quatre enjeux se dessinent pour les produits fermiers : maîtriser la variable prix, s’assurer d’une offre suffisante, développer et adapter les circuits de distribution aux modes de vie modernes, et être présent dans l’univers de consommation (supermarché en particulier).
Sur l’ensemble de ces enjeux, les organismes de développement que sont les chambres d’agriculture sont en mesure de guider les producteurs. Dans le Puy-de-Dôme, par exemple, les conseillers se sont récemment engagés dans des démarches d’études de marché. Confronter l’offre et la demande, c’est le principe de base lorsque l’on cherche à vendre ses produits. Analyser la charge de travail, les besoins en main d’œuvre sont aussi des éléments déterminants pour qui veut se lancer dans la diversification. En matière d’accompagnement, les projets diversifiants appellent donc du sur-mesure.

 

Il a dit

Jacques Chazalet, président de la chambre régionale d’agriculture d’Auvergne
« Producteurs et consommateurs ont de nouvelles attentes. Il faut nous adapter en apportant l’expertise technique, fiscal, juridique, économique… nécessaire. Si les agriculteurs veulent être partie prenante dans la commercialisation, tous ne pourront pas faire de la vente directe. Il est essentiel aujourd’hui de se réapproprier  le produit via la vente directe ou de manière collective à travers des démarches telles que les AOP ou le lait « montagne ». Les modèles sont complémentaires. Le principe de base est d’être présent dans l’univers de la consommation ».

 

 

 
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