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Veaux des Monts du Velay-Forez

Le veau de lait sous label rouge ou marque Monts du Velay a de l'avenir

La coopérative "Veaux des Monts du Velay-Forez" recherche des producteurs pour produire du veau sous label rouge ou sous marque. Fin septembre deux visites d'exploitations étaient organisées sur le Massif Mezenc-Gerbier pour sensibiliser les agriculteurs à cette production. Une journée organisée par les Chambre d'Agriculture de Haute-Loire et d'Ardèche et l'ADASEA de l'Ardèche en partenariat avec la coop des Veaux des Monts du Velay.

13 octobre 2011 Sophie SABOT Vu 2090 fois
Les visites ont largement intéressé les participants à cette journée d’informations.

Les visites ont largement intéressé les participants à cette journée d’informations. - © Avenir Agricole de l'Ardèche

Fin septembre, plus d’une cinquantaine de personnes ont participé à la rencontre technico-économique sur le veau de lait organisée par les chambres d’agriculture (Ardèche et Haute-Loire) et l’Adasea de l’Ardèche, en partenariat avec la coopérative «Veaux des monts du Velay Forez». Objectif : présenter la production de veaux élevés sur l’exploitation, au lait entier naturel, de la naissance jusqu’à l’abattage, selon le cahier des charges du label rouge «le Vedelou». 
Deux visites d’exploitation ont servi de support aux explications des techniciens et du directeur de la coopérative : l’une à Laussonne (43) chez Gabriel Gagne, l’autre à la Rochette (07) à l’EARL d’Antraygues.

Atelier complémentaire
Chez Gabriel Gagne, la production de veaux est un atelier complémentaire à la production laitière. En plus d’un quota laitier de 242 000 litres, livrés en laiterie, l’éleveur a choisi depuis le début des années 2000 de développer la production de veaux de lait. Il produit en moyenne 34 veaux par an, dont la moitié est labellisée en label rouge et l’autre moitié «labellisable». Lors de la visite, la coopérative a proposé une approche de la rentabilité de l’atelier «veau de lait» sur une exploitation du même type que celle de Gabriel Gagne. En l’absence de prime vaches allaitantes, la marge brute(1) par veau avoisine les 452 euros. Si on estime qu’il faut 1 500 litres de lait pour engraisser un veau de lait depuis l’âge de 1 mois jusqu’à l’abattage (environ 5 mois), la valorisation du litre de lait est de 0,30 euros. «Sur une exploitation laitière, la production de veau de lait permet de transformer le lait à cellules et de le valoriser à bon niveau. On augmente ainsi la moyenne du prix du litre de lait en sélectionnant le lait livré à la laiterie» soulignent les représentants de la coopérative. L’atelier «veaux» permet ainsi d’assurer un revenu complémentaire, via une filière localement bien structurée et moins soumise aux aléas du marché que le lait. Mais, la charge de travail ne doit pas être sous-estimée. Chez Gabriel Gagne, c’est son fils Gaëtan, embauché sur l’exploitation à ¼ temps, qui a en charge l’atelier veaux de lait.

Atelier principal
Autre cas de figure, celui de l’EARL d’Antraygues à la Rochette. L’exploitation est en système allaitant en production unique de veaux de lait pour le label rouge «Le Vedelou». Dominique et Agnès Laffont se sont lancés en 2005 dans la production de veaux de lait suite à l’arrêt de la collecte laitière sur leur secteur. «Nous nous sommes orientés vers la production de veaux de boucherie car elle nécessitait dans notre cas peu d’investissements et évitait de changer le troupeau. Nous avons conservé les montbéliardes et nous avions déjà une quinzaine de vaches allaitantes en race charolaise pour valoriser les terrains les plus éloignés de l’exploitation» explique Dominique Laffont. Aujourd’hui l’exploitation produit en moyenne 35 à 40 veaux de lait par an sur une cinquantaine de naissances, le reste étant destiné au renouvellement du troupeau. Le couple d’éleveur a choisi de produire du veau toute l’année. «Ca reste une astreinte, tout comme la traite, puisqu’il faut faire téter les veaux matin et soir tous les jours de la semaine, mais la charge de travail est quand même moins lourde qu’en production laitière». Il faut également apprendre à gérer la quantité de lait, c’est-à-dire trouver le juste équilibre dans la taille du troupeau pour avoir toujours suffisamment de lait pour finir correctement un veau, tout en évitant le gaspillage à d’autres périodes. L’occasion pour Michel Joumard, directeur de la coopérative, de rappeler que la présence de «tantes» de races montbéliarde ou abondance est toujours nécessaire pour finir correctement des veaux de lait issus de mères charolaises ou limousines.
Du côté des résultats, l’EARL d’Antraygues affiche une très bonne valorisation avec un prix moyen du veau de 1 040 euros en 2010. Et les responsables de la coopérative de préciser : «Trois critères font varier le prix moyen d’un veau : le poids de la carcasse (race, âge à l’abattage) qui est la clé de la rentabilité ; le classement (couleur, conformation, état d’engraissement) et la période de production. Dans l’idéal, il faut produire toute l’année en favorisant la production de printemps et d’automne. Le veau se consomme peu durant l’été».

Broutard ou veau de lait ?
En conclusion de ces visites, Marie-Hélène Vigouroux, technicienne à la coopérative, a présenté une étude comparative des résultats économiques en production de veaux de lait label rouge et production de broutards. Sur la base des références de prix broutard 2010 (fournis par la chambre d’agriculture de la Haute-Loire), il s’avère que le veau label rouge peut offrir une valorisation par animal supérieure de 22% par rapport au broutard. «À main d’œuvre égale, la production spécialisée de veaux sous la mère permet de dégager sur 55 ha (55 veaux de lait vendus) un revenu équivalent à celui d’un élevage producteur de broutards sur 95 ha (avec 80 vêlages par an)» indique l’estimation réalisée par les techniciens de la chambre d’agriculture et de la coopérative.
Avec de petites surfaces, la production de veaux de lait label rouge peut donc être plus intéressante qu’une production de broutards. Attention cependant, Michel Joumard souligne qu’il ne s’agit pas des mêmes conduites d’élevage. Il sera nécessaire d’acquérir du savoir-faire. Sans oublier l’astreinte des tétées si on veut produire des veaux toute l’année pour répondre aux demandes du marché. Mais la coopérative est prête à accompagner sur ce chemin les producteurs d’Ardèche ou de Haute-Loire qui le souhaitent.

(1) Produits (vente de veaux, prime à l’abattage, complément veaux labellisés / labellisables)
– charges (valeur veaux à 3 semaines
+ frais divers + frais groupement + frais suivi technique + pertes)

 

Plus de renseignements auprès de la Coopérative des Veaux des Monts du Velay-Forez au 04.71.09.11.25.

 

Mézenc-Gerbier

Des partenariats pour le développement du territoire

La rencontre sur la production de veaux de lait label rouge avec la coopérative «Veaux des Monts du Velay Forez» avait lieu dans le cadre du programme «S’installer et transmettre sur le massif Mézenc-Gerbier - rencontres autour des filières agricoles en devenir». Ce programme, co-piloté par l’Adasea de l’Ardèche et les chambres d’agriculture d’Ardèche et de Haute-Loire, dans le cadre d’un appel à projet Datar massif central, a déjà permis de mettre en avant pour les producteurs du territoire Mézenc-Gerbier des opportunités de diversification dans la production de fruits rouges et de pommes de terre (voir éditions de La Haute-Loire Paysanne des 2 et 23 septembre 2011).

 

 

 
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