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Bâtiments

Fonctionnels, accessibles, intégrés, trio gagnant en montagne

Les responsables professionnels du secteur Mézenc-Meygal ont emmener le Directeur Départemental des Territoires visiter quelques bâtiments récents. L'objectif de cette immersion ; montrer les contraintes et spécificités des constructions dans une zone de montagne.

20 mai 2011 S.Marion Vu 1564 fois
Des bâtiments soumis à des contraintes bien spécifiques.

Des bâtiments soumis à des contraintes bien spécifiques. - © HLP

Montrer les contraintes et les spécificités qui s’appliquent à la construction de bâtiments sur le secteur Mézenc-Meygal, tel était l’objectif de la journée de vendredi 13 mai organisée par les responsables professionnels du secteur et avec pour témoin Bruno Locqueville Directeur Départemental des Territoires.
Thierry Chalendard président de l’Antenne Chambre d’Agriculture explique : «Pour construire un bâtiment agricole, nous devons tenir compte d’un certain nombre de critères techniques, environnementaux économiques incontournables. Et sur ce secteur en altitude, nous avons des spécificités propres qu’il nous a paru important de mettre en évidence afin de bien faire comprendre au DDT, que les agriculteurs ne choisissent pas à la légère le lieu d’implantation ou les matériaux de leur bâtiment».
Dans un premier temps les responsables professionnels ont présenté le secteur et ses 3 cantons à M. Locqueville, mettant en avant l’altitude, la déprise, les conditions hivernales, les différents types de production…
Ils se sont ensuite rendus sur 4 exploitations ayant toutes récemment investi dans un bâtiment agricole. Ils sont donc allés sur deux exploitations en bovins viande à Moudeyres chez Alain Issartel, puis à St Front chez Guy Exbrayat. Ensuite ils sont allés à Fay sur Lignon et enfin aux Vastres.

Des constructions réfléchies

Sur chacune de ces visites, les agriculteurs ont expliqué les raisons qui les ont poussés à choisir le lieu d’implantation, le type de bâtiment, la capacité, les matériaux… Tout a été décortiqué, des choix initiaux jusqu’à l’aboutissement, puisqu’ils se sont parfois heurtés à des refus les conduisant à revoir leurs projets. Refus qu’ils ont quelquefois eu du mal à comprendre…
Ainsi, au fil des visites, le groupe a abordé les problèmes environnementaux avec l’intégration des bâtiments dans le paysage. On a donc parlé du type de construction avec 2 corps de bâtiments accolés. Jean Paul Nicolas explique : «Deux hauteurs permettent de casser la structure. Le  bâtiment fourrage est le plus haut. Il est généralement placé au nord servant ainsi d’abri pour la partie réservée aux animaux qui elle profitera davantage de l’ensoleillement. Deux corps de bâtiments permettent aussi de mieux adapter les structures aux besoins, notamment en terme d’isolation ou de ventilation».
L’emplacement du bâtiment est très important sur un secteur en altitude. La neige, le vent sont des paramètres qui influent directement. Il faut veiller à ce que les accès soient faciles à dégager pour permettre à l’inséminateur, au vétérinaire, au collecteur de lait, au livreur d’aliments… d’arriver jusqu’à la porte. Sur ce thème, Raymond Gagne éleveur laitier et par ailleurs Maire de Moudeyres et en charge du déneigement sur sa commune, insiste sur l’accessibilité : «Si l’inséminateur ne peut venir en temps et en heure, si le laitier est bloqué plusieurs jours, si les produits finis ne peuvent pas quitter l’étable… les conséquences économiques peuvent être désastreuses sur une exploitation».
Les agriculteurs ont également montré qu’ils étaient soucieux de l’intégration paysagère de leurs bâtiments. Le choix des matériaux, des couleurs, les aménagements extérieurs sont des critères sur lesquels ils portent leur attention.
Enfin à travers les différents témoignages, le DDT a, à plusieurs reprises, été interpellé sur l’importance de maintenir un certain nombre d’agriculteurs pour garder des paysages ouverts. «Comment ferons-nous quand il n’y aura plus que 3 ou 4 agriculteurs par commune ?» s’interroge Alain, pour qui l’isolement peut être un réel problème dans les années à venir. Dominique Chalendard souligne que sur certaines communes du secteur comme Champclause, ou Les Vastres… la trop faible densité de population et la quasi absence d’agriculteurs commence à poser problème.
Voilà pourquoi les responsables professionnels insistent sur la nécessité de permettre aux exploitants de construire des bâtiments en adéquation avec les contraintes et les spécificités locales afin d’améliorer les conditions de travail et de garder une agriculture vivante.

 
Une visite au coeur de la réalité.

Une visite au coeur de la réalité. - © HLP

L’agriculture sur le secteur Mézenc-Meygal

Le Comité de Développement Agricole  Mézenc-Meygal compte 25 communes et couvre 3 cantons : Fay sur Lignon, St Julien Chapteuil et Le Monastier. L’altitude varie entre 800 et 1500 m (terres exploitées) et la densité de population est très variable de 6 à 80 hab/km2, avec des zones très peu peuplées notamment sur Chaudeyrolles, Les Vastres ou encore Salettes. Entre les 2 recensements de 1988 et 2000, le secteur a perdu 29 % de ses exploitations, et entre 2000 et 2008, 13 % encore. Sur les 3 cantons, avec moins d’exploitations et moins d’unité de main d’oeuvre, on fait, aujourd’hui, la même production laitière et de viande que dans les années 80.
La surface moyenne des exploitations professionnelles est de 61 ha pour St Julien, 72 pour Le Monastier et 64 pour Fay.
Avec 200 exploitations et 6 150 vaches laitières pour 26 millions de litres de lait, le secteur Mezenc-Meygal c’est 9% des livreurs de lait pour 7% de la production altiligérienne. On produit environ 1 000 litres de lait par ha de SAU (moyenne départementale aux alentours de 1 600). On dénombre également 5 800 vaches allaitantes, 11 200 ovins sur 86 exploitations, et 10 élevages porcins naisseurs-engraisseurs.
On note également le développement du nombre d’exploitations qui transforment à la ferme, et des initiatives intéressantes comme la pomme de terre bio sous marque Gerzenc, ou encore l’AOC Fin Gras du Mézenc.

 

 

 
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