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La production porcine est accusée de tous les maux

La section porcine de la FDSEA s'est réunie le 15 février dernier pour faire le tour de l’actualité et débattre de l’avenir de la production. Les réglementations drastiques sur le plan d’épandage et la mise aux normes des bâtiments sont au coeur de ses préoccupations.

22 février 2012 La Haute-Loire Paysanne Vu 1069 fois 3 réactions
Mots clés : Porc
Réglementations drastiques sur le plan d’épandage, mise aux normes des bâtiments… autant de préoccupations qui mettent en péril les élevages porcins de Haute-Loire. Réunis mercredi dernier, 15 février, les membres de la section porcine de la FDSEA ont débattu sur ces problèmes d’actualité.
Outre l’augmentation permanente des charges dans les élevages de porcs, une autre grande inquiétude pour les éleveurs concerne les plans d’épandage. En effet, la réglementation aujourd’hui imposée par l’Etat, plus dure encore que la directive européenne PHAE sur laquelle se basent aujourd’hui les éleveurs, est tellement restrictive qu’elle ne permet pas d’être appliquée en l’état. Ainsi, et alors qu’aucune tolérance n’est admise en Haute-Loire contrairement à d’autres départements français, les éleveurs se retrouvent bloqués pour réaliser les épandages liés à leur activité.

«En permanence stigmatisée»
«La production porcine est en permanence stigmatisée, accusée de tous les maux en termes de pollutions en tout genre. Il faut cesser cet acharnement de la part d’organismes divers et des instances décisionnaires, parfois incohérentes entre elles, qui font l’amalgame entre les petits élevages de nos territoires et les élevages des régions à forte densité porcine, qui n’ont pourtant rien à voir en termes de conséquences sur l’environnement» s’indigne Maurice Imbert président de la section.
Les éleveurs de Haute-Loire voudraient bien respecter les réglementations, mais encore faut-il que cela ne doive pas se faire au détriment de leur activité. «Arrêtons le surenchérissement de normes et de contrôles entravant la production, alors même que les cours remontent enfin après tant d’années de vaches maigres et alors même que ce serait le moment de produire plus puisqu’il y a de la demande ! Voulons-nous, ou plutôt pourrons-nous, encore demain approvisionner nos 3 abattoirs départementaux pour satisfaire la demande locale ?» Après plusieurs réunions avec Le Préfet, les discussions se poursuivent encore avec l’administration au sujet de l’application de cette réglementation sur les plans d’épandage.

Mise aux normes des bâtiments
Dans le même temps, les éleveurs naisseurs se voient confrontés à une autre problématique : la question de la mise aux normes des bâtiments. Imposée par l’Union Européenne dans le cadre de la réglementation sur le bien-être animal, cette mise aux normes devra être effective début 2013. Elle pourrait être l’occasion de restructurer en partie l’élevage, en permettant d’adapter l’outil de travail aux capacités de main d’œuvre et au marché, dans l’esprit d’une gestion entrepreneuriale des exploitations.
Cela va cependant nécessiter des investissements importants pour certaines exploitations de Haute-Loire qui n’ont pas pu les réaliser jusqu’ici en raison de la mauvaise conjoncture de ces dernières années. Un des moyens de certains éleveurs pour répercuter les charges va être d’augmenter leurs volumes de productions. Mais d’un autre côté, si les volumes augmentent trop, ils vont se heurter à la réglementation en vigueur sur les plans d’épandage, et dépasser les effectifs qui leur sont autorisés. De plus, la majorité des élevages de notre département ne pourra pas bénéficier de la souplesse que laisse, en termes de capacité de production, le guide ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) applicable aux exploitations détentrices d’un arrêté d’autorisation. Déjà trop petites il y a 10 ans, elles sont condamnées à disparaître aujourd’hui.
Et la boucle est bouclée ! Que faire alors ? C’est la filière toute entière dans le département qui risque d’être fragilisée si l’application de la réglementation reste en l’état.
La section porcine rappelle que des aides financières sont prévues pour aider les éleveurs à se mettre aux normes. Mais il ne faut plus tarder pour en profiter : les éleveurs sont donc invités à déposer un dossier de demande de subvention le plus rapidement possible et en tous cas avant la fin de l’été. Ils auront alors ensuite 2 ans pour réaliser les travaux. A noter qu’aujourd’hui seules 80 exploitations en Auvergne ont déclaré avoir entamé une réflexion pour modifier leurs bâtiments.
 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    bonjour, Pourriez vous changer la photo qui illustre votre article "la production porcine accusée de tous les maux"? elle n'est pas en rapport avec l'angle du papier et l'éleveur à qui appartient ce bâtiment (qui n'habite pas en Auvergne)pourrait ne pas apprécier . Cordialement, dominique Poilvet

    dominique poilvet - le 02 mars 2012 à 10:53:48
  1. 2

    La règlementation est vraiment salutaire dans ce domaine. Les porcheries industrielles sont le lieu d'une grande maltraitance pour les animaux, en particulier pour les truies... Et si la solution était ailleurs : produire mieux et moins. En plein air ou sur paille. Bref, de l'agriculture et pas de l'industrie !

    Henri - le 15 mars 2012 à 15:46:50
  1. 3

    Je viens de découvrir sur le web votre journal. Complètement d'accord avec Henri. Je ne mange plus de porc depuis la diffusion de reportages, d'images sur les conditions de vies de ces pauvres bêtes chez les éleveurs. Oui, la solution est ailleurs, dans la diversité d'une exploitation agricole et pas dans des usines à fabriquer de la viande. On sait où tout cela mène à long terme. A plus de vaccins, de traitement anti-ceci ou cela qui ont des répercussions connues sur la santé.

    edith chardon - le 15 avril 2012 à 20:58:30

 
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